4 DÉCEMBRE Ceux qui nous restent
MERCREDI 4 DÉCEMBRE 20H15
Ceux qui nous restent
d’Abraham Cohen
produit par Dominique Cabrera
(France - 2018 - 1h55 - documentaire)
EN SÉLECTION, FESTIVAL DE LA ROCHELLE 2018.
CLÔTURE DES RENCONTRES DU CINÉMA DOCUMENTAIRE DE PÉRIPHÉRIE.
RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR, L’ÉQUIPE DU CINÉMA ET RENC’ART AU MÉLIÈS.
Pendant 2 ans, la lutte des salariés et des spectateurs du cinéma Le Méliès a agité la ville de Montreuil, après que Dominique Voynet, Maire de la ville, disait avoir retrouvé de l’argent dans les placards du cinéma et accusait l’équipe d’acheter de la drogue aux réalisateurs invités… Ceux qui nous restent restitue la mémoire et la vitalité de ces moments collectifs de grève, de rage, d’espoir, et rend hommage aux films qui nous font vivre.
Abraham Cohen filme les interrogations des grévistes - faut-il continuer à débrayer ou pas ? - les déceptions de ceux qui ont l'impression d'avoir fait « tout ça pour rien », la solidarité entre collègues. Mais aussi les inquiétudes de ceux qui restent sur l'avenir de « leur » cinéma. Et leur fatigue également, avec des témoignages poignants, comme celui de Cédric, qui y sacrifiera sa santé. On y voit aussi, à travers des extraits de conseils municipaux, l'agacement et l'incompréhension de Dominique Voynet face à une bataille qu'elle n'attendait probablement pas. Et dans laquelle elle non plus, ne lâchera rien…
Hélène Haus, Le Parisien.
« Plus Ceux qui nous restent avance, plus on va vers le coeur intime de ce qu’est une lutte. Ce désir de se battre, la joie qui l’accompagne puis la fatigue et le doute qui surgissent, l’incrédulité devant l’ennemi et ce qu’il est capable de faire, le sursaut, et enfin la victoire payée parfois tres chere. Tout cela sans discours, sans que l’on s’y attende, et c’est cela qui est formidable !
Petit a petit, Abraham Cohen nous entraîne vers l’aspect le plus intéressant de la lutte, loin des images médiatiques, spectaculaires ou idéalistes. Il le fait subtilement, avec sa caméra de plus en plus précise et un montage qui fait doucement apparaître des personnages non pas a priori mais au travers des émotions qui nous submergent a notre tour ».
Mariana Otéro, réalisatrice (La Loi du collège, Entre nos mains, L’Assemblée).
« Pourquoi s’acharner, pourquoi perdre le sommeil, la santé, la vie ? Ce n’est rien. La vie, ce n’est pas que le travail, allez. Pourquoi te battre pour ton travail ? C’est vrai, ça : ce n’est pas toi, qui disais que tu vivrais mieux si tu ne devais pas bosser ? Qu’est- ce que tu nous les brises, pour ton petit métier d’ouvreuse, de projectionniste, de rien du tout ? Tu ferais mieux d’aller travailler. Un film de lutte est aussi un film pour lequel on se bat. Qu’on fait sans rien, juste pour le faire, parce
qu’il faut bien le faire, parce que personne ne le fera pour vous. Ce n’est pas la même douleur, pas les
mêmes difficultés, pas les mêmes combats. Mais ce sont des douleurs, des difficultés, des combats. Un film de lutte s’arrache a la lutte, qui elle, s’arrache a la vie.
Guillaume Massart, réalisateur (La Liberté).
« L’esprit du cinéma le Méliès est voué à la destruction brutale. Face a la volonté municipale, son équipe incriminée et un public cinéphile redécouvrent les filtres de la liberté démocratique. Colère, ironie, ardeur, rires, inquiétude, bonheur, la vie s’enroule et se déroule, les visages s’ouvrent et se ferment, se rencontrent. Tissage bénéfique. « Rassemblez les hommes, vous les rendrez meilleurs ! » Pour sauver Le Méliès, une communauté des affections a surgi. C’est en soi un spectacle, celui
de la démocratie réelle ».
Sophie Wahnich, Historienne, directrice de recherche
au CNRS, spécialiste de la Révolution française.
Du 4 au 10 décembre, le film est précédé du court métrage d’animation inédit, en
pâte à modeler, La Mort du cinéma, de Vincent Barrot (6’, 2019).
