mercredi 17 janvier 2018

25 Février Ni juge ni soumise

DIMANCHE 25 FÉVRIER 18H30
Ni juge ni soumise
de Jean Libon, Yves Hinant
(Belgique - 2018 - 1h39)
documentaire


Bande annonce


Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Premier long-métrage issu de la série Strip- Tease, émission culte de la télévision belge.
Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi à Bruxelles la juge Anne Gruwez au cours d'enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. Ce n'est pas du cinéma, c'est pire.
Hallucinant de constater la liberté qu'ont obtenu les documentaristes pour suivre pendant
trois ans le quotidien d'une juge d'instruction bruxelloise ; hallucinant de découvrir ce personnage
absolument hors norme par son parler, ses attitudes ; hallucinant de découvrir ce monde
d'ordinaire fermé au quidam moyen ; hallucinant de prendre conscience que les documentaristes
ont pu déjouer la tendance du monde juridique/judiciaire à se fermer et à travailler en secret. Visiblement, le secret de l'instruction n'est pas un problème dès lors que juges et inculpés ont tous donné autorisation pour le tournage. 
Avec une bonhommie matinée d'un soupçon d'attitude rock'n roll, voire politisée, les réalisateurs s'étonnent presque qu'on leur demande s'ils n'ont pas rencontré de problèmes juridiques pour pouvoir tourner. 
Ça décoiffe et ça fait du bien. L'âge de la retraite pourtant atteint, les réalisateurs n'ont rien perdu de leur mordant, de leur sens du combat, de leur foi en un format documentaire très spécifique (pas de
musique, pas de voix off), parfois décrié et pourtant totalement pertinent.


Sueurs froides

17 Février Un jour ça ira

SAMEDI 17 FÉVRIER 20H45
Un jour ça ira
de Stan et Edouard Zambeaux
(France - 2018 - 1h30)
documentaire
RENCONTRE AVEC LES DEUX RÉALISATEURS 
ET LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME
sortie nationale

Bande Annonce








Djibi et Ange, deux adolescents à la rue,
arrivent à l’Archipel, un centre d'hébergement
d'urgence au coeur de Paris. Ils y affrontent des
vents mauvais, des vents contraires, mais ils
cherchent sans relâche le souffle d'air qui les
emmènera ailleurs. Et c'est avec l'écriture et le
chant qu’ils s’envolent… et nous emportent.
Une plongée au coeur de l’Archipel, un centre
qui propose une façon innovante d’accueillir les
familles à la rue.






En 2013, Aurore se voyait confier l'occupation temporaire des anciens locaux de l'INPI, au
26 bis rue Saint Pétersbourg, afin d'y héberger et accompagner des familles sans domicile,
rejoints plus tard par des demandeurs d'asile évacués de campements parisiens.
Pendant de longs mois, les frères Stan et Edouard Zambeaux ont cotoyé ce centre d'hébergement d'urgence. 
Leur documentaire raconte avec justesse le quotidien des personnes hébergées, dont beaucoup d'enfants.

Aurore.asso.fr

9 Février Gaspard va au mariage

VENDREDI 9 FÉVRIER 20H15
Gaspard va au mariage
d’Anthony Cordier
(France - 2018 - 1h45)
avec Félix Moati, Laetitia Dosch*, Christa Théret
RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR
sortie nationale




Après s'être tenu prudemment à l'écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec
sa famille à l'annonce du remariage de son père.
Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du
mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l'ont vu grandir... Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une soeur bien trop belle, il n'a pas conscience qu'il s'apprête à vivre les derniers jours de son enfance.
Gaspard va au mariage est une délicieuse comédie centrée sur une famille pas comme les autres. Affichant d’emblée un certain décalage dans l’attitude de la pièce rapportée, aussi maline qu’insouciante, le scénario donne d’emblée le rôle central aux êtres humains qui peuplent ce joli conte moderne, perdus dans des interactions qui les dépassent parfois. Utilisant à merveille cet univers en permanence intrigant, usant de la parabole de la menace extérieure (un ensemble de chiens s’attaquant aux animaux) pour mieux signifier les dangers qui guettent cette cellule familiale un peu à
part, le scénario d’Antony Cordier (Douches froides) provoque une émotion rare. Il donne à voir des failles longtemps masquées de personnages consistants, tout en esquissant l’espoir d’un changement pour chacun d’entre eux. Et il magnifie le faux couple Moati – Dosch, faisant de leurs atermoiements une danse séduisante, en captant leurs élans. 
Un film qui donne envie de tomber amoureux.
Olivier Bachelard, abus de ciné

nous aurons le plaisir de retrouver, à l'écran, Laetitia Dosch que nous avions découverte dans « Jeune Femme » au dernier festival de Renc'Art

1er Février L'Insulte

JEUDI 1er FÉVRIER 20H30
L’Insulte
de Ziad Doueiri
(Liban - 2017 - 1h52 - VO)
avec Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek
Prix d’Interprétation masculine au Festival de Venise 2017
RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR
sortie nationale

Bande annonce



A Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l'affrontement des avocats porte le Liban au bord de l'explosion sociale mais oblige ces deux hommes à se regarder en face.
Entre farce et vrai film de procès, L’Insulte est souvent mordant, prend des tours inattendus et
s’avère même haletant et émouvant. On craint d’abord la démonstration, mais Doueiri parvient
à la déjouer avec pas mal d’humour, mais aussi en complexifiant les personnages et les enjeux.
Il révèle à travers un fait historique relativement étouffé (le sacrifice en 1976 de centaines de civils chrétiens, dans plusieurs villages côtiers, par des milices palestiniennes) comment une mémoire enfouie ou escamotée finit toujours par rejaillir en violence. Il montre aussi les effets pervers de toute cause (palestinienne ou non), qui peut se transformer en chantage, moyen de pression voire d’oppression. Autant dire que Doueiri n’a rien perdu de son culot.

Jacques Morice, Télérama

29 Janvier La douleur

LUNDI 29 JANVIER 20H15
La Douleur
d’Emmanuel Finkiel
(France - 2017 - 2h06)
avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay
La Douleur est tiré du roman du même nom écrit par Marguerite Duras publié en 1985
RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR
sortie nationale
Bande annonce


Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l'angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente,
une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.
Adapter Marguerite Duras au cinéma n’est pas chose aisée. L’adapter correctement encore moins. Courageusement et non sans une passion dévorante pour l’auteure, le réalisateur Emmanuel Finkiel (Je ne suis pas un salaud avec Nicolas Duvauchelle) s’est pourtant attelé à la tâche en portant à l’écran, le roman semiautobiographique qu’est La Douleur paru en 1985, et dans lequel Duras avait mis des mots sur la manière dont elle avait vécu l’attente infernale du retour son mari, Robert Anthelme, envoyé dans les camps de concentration durant la guerre. Entre respect de l’oeuvre, volonté de capter son essence profonde et petits ajouts nécessaires à tout travail d’adaptation, Finkiel a su tirer de son travail, un effort singulier, aussi singulier que l’était la plume de Marguerite Duras. Si l’image est très travaillée, jouant souvent du flou pour illustrer l’état de confusion de son héroïne, c’est surtout sur le son qu’Emmanuel Finkiel a concentré ses efforts, transformant son film en expérience auditive unique. Les mots de Marguerite Duras planent au-dessus du long-métrage, déclamés avec langueur et puissance par Mélanie Thierry.
Et La Douleur de devenir une expérience visuelle, sonore et physique, viscérale, immersive,
communicative. D'autant que le film est servi par la performance étourdissante de Mélanie Thierry, que l’on voit déjà césarisable.
Nicolas Rieux, Mondociné

jeudi 14 décembre 2017

14 Janvier LES GARDIENNES

DIMANCHE 14 JANVIER 15H45
Les Gardiennes
de Xavier Beauvois
(France - 2017 - 2h14)
avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry
RENCONTRE AVEC L’ACTRICE MONTREUILLOISE IRIS BRY

Bande annonce


1915. A la ferme du Paridier, les femmes ont pris la relève des hommes partis au front.
Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et le retour des hommes en
permission. Hortense, la doyenne, engage une jeune fille de l'assistance publique pour les
seconder. Francine croit avoir enfin trouvé une famille.
La beauté du film de Xavier Beauvois est non seulement d’évoquer ce sujet, mais de faire des
portraits de femmes résistantes dans l’attente du destin réservé à leur mari, leurs fils, plongés
dans une guerre inédite et interminable.
Ce temps linéaire, au fil des saisons, Beauvois le capte avec justesse dans les lumières magnifiques de la chef-opératrice Caroline Champelier. Dans son rôle de maîtresse femme, Nathalie Baye fait merveille, sa fille Laura Smet ne dépareille pas. Iris Bry est la révélation du film découverte lors d’un "casting sauvage".
Nicolas Giraud et Cyril Descours envoyés au front s’avèrent de jeunes acteurs prometteurs, alors que Gilbert Bonneau, un paysan du cru, est des plus touchants.

Jacky Bornet, Franceinfo

8 JANVIER L’Echange des princesses

LUNDI 8 JANVIER 20H3O
L’Echange des princesses
de Marc Dugain
(France - 2017 - 1h40)
avec Lambert Wilson, Olivier Gourmet, Anamaria Vartolomei, Catherine Mouchet

bande annonce


1721. Une idée audacieuse germe dans la tête de Philippe d’Orléans, Régent de France…
Louis XV, 11 ans, va bientôt devenir Roi et un échange de princesses permettrait de
consolider la paix avec l’Espagne, après des années de guerre qui ont laissé les deux
royaumes exsangues. Il marie donc sa fille, Mlle de Montpensier, 12 ans, à l’héritier du

trône d’Espagne, et Louis XV doit épouser l’Infante d’Espagne, Anna Maria Victoria, âgée
de 4 ans. Mais l’entrée précipitée dans la cour des Grands de ces jeunes princesses, sacrifiées
sur l’autel des jeux de pouvoirs, aura raison de leur insouciance…
« Toutes princesses que nous sommes, nous ne serons jamais plus que de la viande à marier. »
En adaptant L'échange des princesses de Chantal Thomas, avec une rare fidélité, d'ailleurs, Marc
Dugain n'entend pas faire un film d'époque qui prétend parler de thèmes d'aujourd'hui mais
certaines répliques et situations restent, peu ou prou, d'actualité dans certaines parties du
monde. Quoiqu'il en soit, cette première incursion de l'écrivain-cinéaste dans un univers
qui n'est a priori pas le sien est une belle réussite. D'emblée, il trouve le bon tempo, avec
une grande fluidité dans les passages entre une cour et une autre (celles de France et
d'Espagne), quelques années après la mort de Louis XIV. Point de dialogues ampoulés dans
le film mais une langue "grand siècle" modernisée sans excès. Et un découpage parfait, accompagné d'un montage strict qui n'étire jamais les scènes plus que de raison. Les images sont somptueuses (le film a pourtant intégralement été tourné en Belgique, loin des lieux emblématiques de l'époque) et se pose à hauteur d'enfants et d'adolescents puisque ce sont eux qui sont manipulés et victimes
des jeux politiques des adultes. La couleur dominante est celle de la mélancolie, teintée d'un humour très discret. L'interprétation est à la hauteur, de Lambert Wilson à Andrea Ferreol, en passant par Catherine Mouchet, Anamaria Vartolomei (une révélation) et la petite Juliane Lepoureau. 
Du beau cinéma classique qui ne cède jamais à l'académisme.
Sens critique.com

21 décembre MENINA

JEUDI 21 DÉCEMBRE 20H30
Menina
de Cristina Pinheiro
(France - 2017 - 1h36)
avec Naomi Biton, Nuno Lopes, Beatriz Batarda
Film tout public accessible aux enfants à partir de 10 ans
RENCONTRE AVEC LA RÉALISATRICE MONTREUILLOISE
Sortie nationale

bande annonce



Je m’appelle Luisa Palmeira, j’ai dix ans. Ma famille, c’est tous des Portugais. Mais moi, je
suis Française, je suis pas comme eux, je fais pas de faute quand je parle. Ma mère, elle est
plus belle que Marilyn Monroe, sauf quand elle met ses lunettes. Mon père, il a une moto rouge
et il me laisse gagner au bras de fer. L’autre jour, il m’a dit qu’il allait disparaître. Mais moi,
je le crois pas !
Il est heureux de voir que de moins en moins de cinéastes prennent les enfants pour des cakes.
D’ailleurs, Cristina Pinheiro n’a pas plus fait un film pour enfants que pour adultes. Elle a
raconté peu ou prou un moment charnière de sa propre vie, quand elle avait 10 ans et qu’elle
s’est aperçue que son père allait «disparaître». Ce n’est pas gai, non. Mais ce n’est pas triste
non plus. Car Menina n’est ni étouffant ni déprimant. C’est beau, accessible, vrai, avec ce
qu’il faut de poésie - dont la fameuse de Blaise Cendrars, « Quand tu aimes, il faut partir… ».

Bref, il faut y aller. Crof’, Paris Mômes.