dimanche 23 juillet 2017

5 Septembre Barbara

MARDI 5 SEPTEMBRE 20H30
Barbara
de Mathieu Amalric
(France - 2017 - 1h37)
avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani
Ouverture de la section Un Certain Regard, Festival de Cannes 2017
Prix Jean Vigo 2017
RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR

bande annonce



Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage,
la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l'envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle.
Autant prévenir tout de go : Barbara, septième film de Mathieu Amalric, est tout sauf un biopic
traditionnel. Point de récit en bonne et due forme sur les épisodes clefs de l’existence de la
chanteuse – ce serait faire injure à la création, à l’imaginaire. Ce n’est pas la biographie qui
intéresse l’auteur de Tournée (2009), mais l’esprit de la chanteuse, ses vertiges, ses sensations,
ses émotions, qui déteignent si bien sur nous. Deux documents précieux lui servent de fil conducteur. L’un est le bouquin culte de Jacques Tournier (romancier et traducteur décisif, de Gatsby le Magnifique, notamment), publié en 1968, Barbara ou les parenthèses (Seghers). L’autre est le documentaire de Gérard Vergez, réalisé durant la tournée de 1972, où l’on voit Barbara en voiture, côté passager, en train de tricoter, de divaguer ou de roucouler.
Amalric refait jouer ces séquences par Jeanne Balibar. C’est si bien fait qu’on ne sait plus très
bien laquelle est vraie, laquelle est fausse. On s’y perd, on s’y noie. C’est le but. Car Barbara
est comme un parfum capiteux, une obsession. Tout ou rien – impossible de l’aimer tièdement.
Même si elle est folle ou sorcière – ce qui transparaît aussi.
Ceux qui ne connaissent rien de Barbara pourront-ils l’apprécier ? On prend le pari que oui, pourvu qu’ils aiment simplement le mystère de la musique. C’est-à-dire les soupirs, les échos, le murmure, le silence, tout ce dont le chant de Barbara est aussi constitué.
Jacques Morice, Télérama