samedi 1 octobre 2016

17 Octobre WILLY 1er

COUP DE CŒUR DU MÉLIÈS
LUNDI 17 OCTOBRE 20H30
WILLY 1er
de Ludovic Bouchera, Zoran Boukherma, Marielle Gautier, Hugo P. Thomas
(France - 2016 - 1h22)
avec Daniel Vannet, Noémie Lvovsky, Romain Léger
RENCONTREAVEC LES 4 RÉALISATEURS 


Bande annonce


À la mort de son frère jumeau, Willy, 50 ans, quitte pour la première fois ses parents pour
s’installer dans le village voisin. “À Caudebec, j’irai. Un appartement, j’en aurai un. Des
copains, j’en aurai. Et j’vous emmerde !”.
Inadapté, Willy part trouver sa place dans un monde qu’il ne connaît pas.
Faire un film à quatre réalisateurs, et donc à huit mains, ce n'est pas banal. Cause ou conséquence, peu importe, le film ne l'est pas non plus et c'est sa qualité première. Le point de départ de cette affaire est la relation d'affection qu'ont nouée les quatre comparses avec un personnage formidable, Daniel Vannet, qu'il serait hasardeux de définir comme handicapé tant il fait preuve de ressources
inattendues. Daniel joue ici le rôle de Willy, quinquagénaire qui n'a jamais quitté le giron familial, frappé de stupeur et de chagrin après la mort violente de son jumeau. Cette solitude, Willy ne l'avait jamais envisagée mais elle s'impose, impitoyable, contraignant l'homme à changer de mode de vie. Dans un premier temps, le film semble se diriger vers une tonalité prolo-kitch qui pourrait être un peu
gênante, à la mode Striptease voire Confessions intimes, forçant la caricature d'un monde dont seule la misère émerge. Heureusement, il devient évident, au fil des minutes, que le film et par conséquent les réalisateurs ne rient pas de leur personnage, mais qu'ils s'amusent avec lui. A ce titre, ne pas manquer l'apprentissage de l'anglais par Willy, grand moment comique.
Dans une scène qui oppose Willy à sa curatrice (Noémie Lvovsky), le ton monte et nul ne peut
savoir vers quel dénouement tragique cela peut mener. Et à ce jeu là, Willy/Daniel Vannet  est bluffant : tour à tour victime émouvante, personnage lunaire attachant ou capable de bouffées de colère et d'amertume inquiétantes, il porte le film sans effort apparent.

Télérama