mercredi 20 juillet 2016

5 Août SIERRANEVADA

VENDREDI 5 AOÛT 20H
SIERRANEVADA
de Cristi Puiu
(Roumanie - 2016 - 2h53 - VO)
avec Mimi Branescu, Judith State
En compétition, Festival de Cannes 2016
COUP-DE-COEUR DU MÉLIÈS
sortie nationale

Bande annonce

Quelque part à Bucarest, trois jours après l'attentat contre Charlie Hebdo et quarante jours après la mort de son père, Lary - 40 ans, docteur en médecine - va passer son samedi au sein de la famille réunie à l'occasion de la commémoration du défunt. L'évènement, pourtant, ne se déroule pas comme prévu.
Les débats sont vifs, les avis divergent. Forcé à affronter ses peurs et son passé et contraint de reconsidérer la place qu'il occupe à l'intérieur de la famille, Lary sera conduit à dire sa part de vérité.
Des règlements de compte en famille, on en a vu beaucoup, au cinéma. Des cruels et des
comiques. Les deux en même temps, pas souvent – et c'est bien ce que réussit Cristi Puiu
dans Sieranevada (par parenthèses, ne cherchez pas aucune raison logique à ce titre bizarre : il est aussi absurde que la Roumanie que montre le cinéaste). Cristi Puiu filme toujours avec la même maestria : dans l'appartement étroit où les membres du clan préparent le repas funéraire que tout bon orthodoxe se doit d'organiser 40 jours après la disparition d'un être cher, les portes s'ouvrent et se referment selon une chorégraphie méticuleuse, les verres et les assiettes entament, eux aussi, un étrange et permanent ballet, des plats cuisent indéfiniment, indifférents aux cris et larmes des participants qui    s'engueulent à qui mieux mieux. Peu à peu, Sieranevada devient une comédie vaudevillesque. Tout le monde a faim, tout le monde aimerait passer à table, mais nul n'y est autorisé avant l'arrivée du pope chargé de bénir êtres et lieux. Et le pope est en retard…
Seul Robert Altman réussissait jusqu'ici – dans Un mariage, Nashville et Gosford Park – à se glisser entre de multiples personnages, en perdre un sans jamais sacrifier l'autre, jouer avec plusieurs intrigues et plusieurs styles en même temps. Visiblement, il a trouvé un successeur digne de lui.


Pierre Murat, Télérama