lundi 6 juin 2016

22 JUIN CECI EST MON CORPS

MERCREDI 22 JUIN 20H30
Ceci est mon corps
de Jérôme Soubeyrand
(France – 2014 – 1h34)
avec Jérôme Soubeyrand, Marina Tomé, Christophe Alévêque
Séance en présence de Marina Tomé 

Bande annonce


Un curé tombe amoureux d’une actrice névrosée dans un stage de thérapie, monte à Paris tenter sa chance auprès d’elle et découvre l’auberge espagnole de l’amour et de la sexualité. Parallèlement à la fiction, l’auteur interroge Michel Serres et Michel Onfray sur les épîtres de Saint Paul ou les fondements de la séparation du corps et de l’esprit dans le christianisme, et se prête à une séance de psychanalyse transgénérationnelle avec Bruno Clavier, spécialiste du genre, qui interroge avec lui le secret de famille : - sa grand-mère est une fille de curé !
Scénariste et acteur, Jérôme Soubeyrand reprend pour Ceci est mon corps ses habituelles casquettes mais ajoute aussi pour la première fois celle de réalisateur. Pour son premier film donc, une fiction mêlée à des interventions de philosophes (Michel Serres et Michel Onfray), il interroge la notion du désir charnel et de son assouvissement à travers un personnage de prêtre. En optant pour un traitement drôle voire caustique, le metteur en scène s’affranchit des sempiternels clichés autour des hommes de foi et propose une réflexion à la fois hilarante, iconoclaste et émouvante sur un sujet éminemment tabou.
Sans abuser du folklore intrinsèque de ses héros, Soubeyrand se joue des attentes du public, malmenant son curé et le propulsant dans des situations drôlissimes (son improvisation théâtrale), absurdes (son besoin de prier au sein de cette étrange communauté) ou émouvantes (la conclusion du film) tout en imprimant un rythme soutenu à son récit, toujours en mouvement. Jamais donneur de leçon, pompeux ou gratuitement provocateur, il alterne efficacement les allers-retours entre fiction et entretiens philosophiques, les séquences se répondant l’une l’autre. Il est rare que le discours philosophique se plie aux contingences du divertissement cinématographique et la tentative du cinéaste est de ce fait une franche réussite. 
Ursula Michel, Critikat