samedi 2 janvier 2016

DE L'ACHARNEMENT

Montreuil, cinéma Le Méliès. Le tribunal administratif de Montreuil a annulé l’arrêté municipal de mai 2014 réintégrant Stéphane Goudet dans ses fonctions. Cela n’a aucune conséquence car l’arrêté concernait une mission allant de mai 2014 à mai 2015. Montreuil : nouveau rebondissement dans l’affaire du « Méliès »

LE PARISIEN

Aurélie Lebelle | | MAJ :


Montreuil, cinéma Le Méliès. Le tribunal administratif de Montreuil a annulé l’arrêté municipal de mai 2014 réintégrant Stéphane Goudet dans ses fonctions. Cela n’a aucune conséquence car l’arrêté concernait une mission allant de mai 2014 à mai 2015. (LP/A.L.)
Amateurs de scénarios sans fin, réjouissez-vous ! 2015 enregistre, avant la Saint-Sylvestre, son énième rebondissement dans l’affaire du Méliès de Montreuil. Le 22 décembre, le tribunal administratif a en effet annulé l’arrêté municipal du maire PC Patrice Bessac par lequel le directeur artistique Stéphane Goudet a été nommé en mai 2014. Selon le tribunal, la ville aurait dû lancer un appel à candidatures pour permettre à tous de postuler. Cela n’a pas été le cas et Stéphane Goudet, comme l’avait promis Patrice Bessac lors de sa campagne des municipales, a été invité à reprendre un poste dont il avait été renvoyé sous l’ancienne municipalité de Dominique Voynet (EELV).



Stéphane Goudet, directeur artistique du Méliès, en 2011. (LP/Marie-Pierre Bologna.)

Quelles conséquences pour Le Méliès et Stéphane Goudet ? Aucune. Car le jugement porte sur le contrat qui s’échelonnait de mai 2014 à mai 2015, et n’est donc plus en cours. Mais l’avocat de l’association « M LE MELIES » — dont Dominique Voynet est la présidente — espère bien obtenir gain de cause. « Nous allons aller en référé au tribunal administratif concernant le contrat qui va de mai 2015 à mai 2016, explique David Dokhan, l’avocat de l’association. Le jugement devrait tomber un peu plus d’un mois après. » Stéphane Goudet pourrait alors perdre son poste si le tribunal donne raison à l’association.
L’avocat de Dominique Voynet ne lâche pas l’affaireMais à la mairie, on reste confiant. Certes, le premier poste a été octroyé « rapidement » à la suite des élections. Mais le contrat qui doit se terminer en mai 2016 a fait l’objet, lui, d’un « avis de vacance de poste », notamment sur le site Internet de la commune. En clair, il y aurait eu un appel à candidature.
Pas de quoi décourager l’avocat de Dominique Voynet qui garde quelques arguments pour faire pencher la balance. « Si nous sommes retoqués sur ce point, nous évoquerons le fait que Stéphane Goudet est payé 2 500 €/mois pour 90 heures par an, poursuit-il. Lors du procès, l’avocat de la ville a expliqué que le directeur artistique était beaucoup plus présent au cinéma mais que son contrat avait été rédigé comme tel pour respecter la règle du non-cumul des heures car Stéphane Goudet est aussi maître de conférence à l’université. Ce n’est pas légal. »

Déjà trois ans de procédures Fin 2012. Stéphane Goudet, le directeur artistique, est suspendu puis licencié en février 2013 par Dominique Voynet, alors maire (EELV) de Montreuil, pour « détournement de fonds publics » et « faux et usage de faux en écriture privée ».
2013. Le bras de fer s’engage entre les pro-Goudet et les anti. 46 jours de grève au Méliès.
Mai 2014. Le nouveau maire PC Patrice Bessac signe un arrêté pour réintégrer Stéphane Goudet dans ses fonctions.
Fin mai 2014. Le tribunal administratif de Montreuil valide le licenciement de février 2013 pour faute grave.
Février 2015. Le tribunal de grande instance de Bobigny rend quant à lui une ordonnance de non-lieu concernant ce licenciement, précisant qu’il n’existait « pas de charges suffisantes contre quiconque d’avoir commis les infractions ».
Décembre 2015. Le tribunal administratif de Montreuil annule l’arrêté du maire PC Patrice Bessac de mai 2014. Cela n’a aucune conséquence car il concerne le contrat de Stéphane Goudet allant de mai 2014 à mai 2015.