mercredi 13 mai 2015

JEUDI 14 MAI

à 21h15
Every Thing will be fine
de Wim Wenders

avec James Franco, Charlotte Gainsbourg
(Allemagne - 2015 - 1h55 - VO) Sélection officielle - Hors-compétition, Berlinade 2015


 
Bande Annonce

Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduisant sur une route enneigée, percute mortellement au un jeune garçon. Après plusieurs années, et alors que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption. Mais au moment où il pensait avoir passé ce terrible événement, Tomas apprend à ses dépens que certaines personnes n'en ont pas fini avec lui...

 





Bonne nouvelle : Wim Wenders est de retour. Après plusieurs années d’errance cinématographique, le réalisateur de L’Ami américain et de Paris, Texas nous revient avec un beau film intitulé Every Thing Will Be Fine. « Every Thing » en deux mots, renvoyant aux mots du philosophe Bela Balazs : « Le cinéma peut garantir l’existence de toute chose. » Ce « toute chose », il faudra deux heures pour en comprendre le sens. Aller au plus près de la question de la créativité fictionnelle ; interroger la culpabilité qui est au coeur de toute oeuvre d’un écrivain ou d’un cinéaste qui exploite le « réel » ; découvrir qui est Tomas, le personnage central de ce film interprété par James Franco.
C’est un écrivain en mal d’inspiration, ce pourrait être aussi Wim Wenders. Dans un petit
village du Grand Nord canadien, sur une route enneigée, il percute violemment un jeune
garçon qui traversait la route, après s’être disputé avec sa compagne.
La catastrophe absolue – de celle dont on ne se remet pas, à moins d’être écrivain, justement ; à moins d’utiliser dans son propre travail les souffrances d’autrui pour les transformer en roman.
En a-t-on le droit, se demande Wenders ? Quelle responsabilité entraîne l’appropriation de l’expérience d’autrui ? Wim Wenders qui, il y a vingt-cinq ans, disait que l’inflation d’images qui se déverse sur nous est « l’une des plus graves maladies de notre
civilisation et l’une des plus lourdes de conséquences », semble faire à nouveau
confiance à l’esthétique. S’inspirant de peintres comme Andrew Wyeth ou Edward Hopper, il opère un magnifique retour à la lumière et au plan.
Apparemment, le processus de création littéraire enclenché par Tomas échappe à toute
forme de rationalité. Qui naît de quoi ? Est-ce le film des splendides paysages canadiens ? Le roman de l’accident ? Ou bien n’est-ce pas Kate, cette femme farouche et solitaire magnifiquement interprétée par Charlotte Gainsbourg, qui est, endéfinitive, le détonateur de l’un et de l’autre, le film et le roman ? (...) Le tout débouchera sur
un épilogue aussi poignant qu’inattendu. Wenders a retrouvé le chemin des sommets.
Frank Nouchi, Le Monde