samedi 7 mars 2015

LA GAZETTE DES COMMUNES Mars 2015

Justice

Non-lieu dans une affaire de malversations présumées au Méliès, cinéma réputé de Montreuil

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions
La justice a prononcé un non-lieu dans une affaire de malversations présumées au Méliès, cinéma réputé de Montreuil dont l'équipe, mise en cause par l'ex-maire Dominique Voynet, était soutenue par de grands noms du 7e art, a-t-on appris ce vendredi 27 février.
 
« Aucun des chefs d’accusation de détournements de fonds publics et de faux et usages de faux en écriture n’ont été retenus contre les personnels du cinéma municipal », s’est félicitée la mairie de Montreuil dans un communiqué.
Dans son ordonnance de non-lieu, transmise à l’AFP, le juge d’instruction renvoie l’ancienne municipalité, plaignante, et l’équipe du cinéma dos-à-dos, soulignant que « tous les protagonistes étaient plus ou moins conscients du manque de respect strict des règles » comptables lors d’une poignée de séances litigieuses.
La procédure judiciaire avait été lancée fin 2012 par une plainte de Dominique Voynet, qui était alors maire (EELV). Elle affirmait avoir été informée de l’existence d’une « caisse noire » au sein du cinéma et avait écarté certains membres de l’équipe. Le CNC avait constaté des « irrégularités » dans le gestion.
Très vite, l’affaire du Méliès était devenue l’un des sujets de discorde récurrents de la gauche montreuilloise, divisée en une myriade de chapelles à couteaux tirés.
L’équipe du cinéma avait reçu le soutien public d’une vingtaine de grands noms du cinéma, dont Agnès Jaoui, Laurent Cantet, Arnaud Desplechin ou Mathieu Amalric qui avaient protesté contre « l’aveuglement de la mairie » accusée de vouloir « affaiblir l’une des salles d’art et d’essai les plus exemplaires de France ».
Le juge d’instruction déplore dans son ordonnance que « l’affaire (se soit) déroulée sur fond d’élection politique et d’ampleur médiatique certaine » qui, selon elle, « ont pu motiver et précipiter un recours au juge ».
Aux dernières municipales, la mairie est retournée dans le giron communiste et le nouveau maire Patrice Bessac a décidé de réintégrer l’équipe aujourd’hui « lavée de tout soupçon ».
Le Méliès, situé dans un centre commercial déclinant, se concentre désormais sur son prochain déménagement, avec l’ouverture de 6 salles qui doivent en faire « le plus grand cinéma art et essai d’Europe », selon la mairie.