mardi 7 mai 2013

Le Parisien Lundi 29 Avril 2013

Séances « normales » au Méliès


Montreuil, vendredi. Selon la nouvelle direction du cinéma, la fréquentation serait en légère hausse. L’ancienne équipe, elle, est beaucoup plus critique. | (LP/B/L.)



Il y a eu un dépôt de plainte, 46 jours de grève, des pétitions, des milliers de tracts, des disputes, une tentative d’occupation nocturne. Une « guerre civile » dans le Bas-Montreuil pendant trois mois entre les « pro-Goudet » (Stéphane Goudet, l’ancien directeur du  ) et les « proVoynet » (, la maire Europe Ecologie, à l’origine d’une plainte pour détournements de fonds publics).

Le 8 mars, le cinéma municipal de Montreuil a fini par rouvrir ses portes après le licenciement de trois salariés, dont l’ancien directeur. Et avec une nouvelle directrice, Nathalie Hocquart, diplômée de l’école de cinéma la Femis et ancienne directrice du cinéma de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Comment se porte le Méliès un mois et demi plus tard?
Pas trop mal, selon la nouvelle équipe du ciné d’art et essai qui affiche des chiffres de fréquentation plutôt stables par rapport à la même période en 2012. En légère hausse même, de 235 entrées, depuis le 8 mars. « Le bon fonctionnement est encore un peu entravé par un petit groupe, mais le cinéma va reprendre sa pleine activité à la rentrée de septembre », assure Nathalie Hocquart, qui avoue « avoir plein d’idées, plein d’envies ». L’ancienne équipe, elle, fait état de 1000 entrées en moins sur la première semaine d’avril par rapport à 2012. « Une catastrophe », juge-t-on. Du côté du Centre national de la cinématographie (CNC), on ne communique aucun chiffre.
Indulgence, attaques… les spectateurs sont partagés
Devant le cinéma, vendredi dernier, certains habitants avouent « bouder ». « Je ne remettrai plus les pieds ici! » lâche une femme d’une quarantaine d’années en courant vers la bouche de . Une autre cinéphile avoue avoir « soutenu l’ancienne équipe » et « participé à la manifestation », mais elle commence à se faire une raison. « Il n’y a qu’un cinéma à Montreuil, je n’ai pas le choix, je vais y retourner ». Liliane a elle aussi signé la pétition pour soutenir Stéphane Goudet. Elle est néanmoins indulgente avec la nouvelle équipe. « Il faut leur laisser du temps. J’ai déjà assisté à un débat très intéressant sur la Maison de la radio de Nicolas Philibert. »
A l’association de spectateurs Renc’Art au Méliès, on tacle « le manque de professionnalisme » de la nouvelle équipe qui a écrit « Emmanuelle Bedos » (et non « Devos ») à propos du film « le Temps de l’aventure » dans le programme, la disparition des débats, « les plages de publicités d’un quart d’heure », une programmation plus commerciale. « Des films sans originalité. L’autoroute de l’art et essai », persifle encore un membre de l’ancienne équipe.
Réponse de Nathalie Hocquart : « Notre contrat publicitaire est inchangé. Le mois prochain, on programme des documentaires comme les Conti ou Free Angela. On veut protéger les réalisateurs. Récemment, une réalisatrice a été prise à partie. Elle est repartie en pleurant. » Un seul sujet met tout le monde d’accord : le succès local du film de la cinéaste montreuilloise Solveig Anspach, « Queen of Montreuil ». L’histoire d’une femme qui se reconstruit après un deuil.

Le Parisien