mercredi 13 février 2013

QUEL GACHIS. TRES MAUVAIS FILM


IL ETAIT UNE FOIS… (mauvais comptes, hélas pas un conte)

Il était une fois un cinéma dont la réputation allait bien au-delà de la ville au centre de laquelle il rayonnait. 
La politique artistique, sociale, humaine de ce cinéma municipal avait depuis une dizaine d’années, sous la houlette de son directeur artistique, pris une ampleur rare et reconnue. Ses connaissances et ses qualités cinéphiliques et pédagogiques, ses relations avec les réalisateurs, son sens du partage avec les spectateurs, faisaient de beaucoup de séances   qu’il animait des moments d’échanges, de curiosité, d’intelligence, exceptionnels. Il avait su aussi s’entourer d’une équipe dont la majorité était fière de participer à cette réussite.
Le projet d’un nouveau complexe de six salles, gérées dans le même esprit, en accord semblait-il avec les municipalités successives, venait donner encore plus de chair à l’idéal d’un cinéma de qualité pour toujours plus de spectateurs.
Parallèlement, une association de spectateurs soutenait activement la politique artistique de ce cinéma, notamment lors de crises avec  UGC et MK2, qui voyaient d’un très mauvais oeil l’installation d’un complexe « art et essai » municipal.

Mais il était aussi une fois…un changement de majorité municipale

On commença par se réjouir de l’abandon de leurs poursuites par MK2 et UGC, sans que l’on connaisse jamais les termes exacts de cet accord., ce qui ne fut pas faute de le demander.
On fit part , à la mairie, d’un agacement croissant concernant les éditoriaux indépendants du directeur du cinéma, dans la revue du programme-.
On finit par accuser ce dernier d’harcèlement moral vis à vis d’un de ses collaborateurs. Accusation qui s’avéra non justifiée.
Pour continuer, à la mairie, on lui fit porter la responsabilité d’ un retard à la numérisation de salles, alors qu’il ne faisait qu’insister sur une erreur technique qui n’était pas de son fait.
Enfin, on « découvrit » une « caisse noire », liée à un vide juridique concernant la billetterie hors films CNC, ce qui permit à la municipalité de suspendre deux agents et le directeur en attendant les conclusions d’une enquête administrative et de connaître les suites d’une plainte au pénal.
On peut imaginer que pour le personnel du cinéma, travailler dans un tel climat de suspicion, devenait vite insupportable.  Une grève d’un certain nombre de salariés du cinéma entraine depuis trois semaines une fermeture des trois salles.
Et, maintenant, c’est, avant de connaître les attendus de la justice, au couperet de la mairie de tomber : décision de licencier le directeur et deux responsables administratifs et de ne pas renouveler le contrat d’une autre personne, assortie d’une non titularisation d’un cinquième…En d’autres temps on appellerait cela « une charrette »

Quel gâchis !

D’un côté, des arguments fantaisistes, un harcèlement moral lié à un manque de dialogue, un refus de répondre clairement à des questions claires. Bref, le sentiment d’un pouvoir sourd à toute sensibilité différente qui laisse libre cours aux interprétations. Par exemple, impossible de savoir exactement pourquoi la carcasse du nouveau 6 salles, reste ouverte à tout vent, travaux suspendus depuis des semaines !
De l’autre, des personnes en grève qui prennent des risques moraux et financiers importants, mais également un manque à gagner, cette fois, bien réel, et une perte de prestige pour la politique culturelle de la ville dont on n’a pas fini de mesurer l’importance.

Il n’est pas imaginable que la mobilisation en cours, regroupant, spectateurs, association, réalisateurs, simples citoyens, ne finisse par faire prendre conscience aux artisans d’une forme de dérive municipale qu’il est enfin temps de réintégrer tous les acteurs de la réussite  incontestable du Méliès en attendant les résultats de l’enquête pénale en cours.

De toute façon : QUEL GACHIS. TRES MAUVAIS FILM


JG