jeudi 28 février 2013

l'Humanité.fr Mardi 26 février 2013


Cinéma le Méliès à Montreuil : des attaques qui n’ont rien de subliminales ! (PCF 93)

La mairie de Montreuil mène depuis plusieurs mois une cabale contre les salariés du Méliès, le cinéma municipal de Montreuil. Son régisseur, son régisseur adjoint et son directeur artistique, Stéphane Goudet, sont accusés de détournement de fonds et livrés à la vindicte publique. Cette stigmatisation d’un bien culturel commun à la Seine-Saint-Denis et d’un travail d’éducation à l’image, hors paire, est intolérable. 
Point de mauvaise gestion ou de gestion malhonnête, le prétendu détournement de fonds ne serait en fait que des recettes de projections non commerciales, utilisées, comme cela se pratique partout en France, pour compenser des places offertes par la ville à des associations partenaires. Il en est de même pour le trou de 8000 euros, qui ne serait que la résultante de retards d’encaissement de séances scolaires, se comblant au cours de l’année lorsque les établissements reçoivent les moyens leur permettant de payer leur dû. Les salariés du cinéma, mis en cause, sont en mesure de justifier avec sérénité leur comptabilité, dès lors qu’on leur en laisse l’occasion, loin de tout devoir de réserve. Ces accusations touchent le fond ! Les salariés en sont à leur 39ème jour de grève, leur seul moyen de réponse contre cette stigmatisation odieuse.
Pourtant, la mairie de Montreuil persiste dans son acharnement et le signe en mutant d’office deux salariés, en ne renouvelant pas le contrat d’un troisième et en refusant la titularisation d’un quatrième salarié. Elle a également signifié vendredi dernier à Stéphane Goudet son licenciement, lui reprochant un manquement au devoir de réserve, une nuisance à l’image de Montreuil et des insultes subliminales sur internet. Mieux que dans « Minority Report », les « précogs » de la municipalité reprochent des insultes subliminales, c'est-à-dire imperceptibles !
Les attaques contre le Méliès n’ont par contre rien de subliminales. En maniant le glaive de l’injustice contre les salariés, en jetant l’opprobre sur son directeur artistique, la municipalité de Montreuil fragilise un des plus grands cinémas d’art et d’essai de France.
La fédération du PCF 93 soutient les salariés du Méliès et leur directeur artistique, contre les attaques dont ils sont victimes, et partage leur bataille de chaque instant pour la défense d’un cinéma exigeant accessible au plus grand nombre et permettant à une diversité d’œuvres cinématographiques de rencontrer leur public. Est-Ensemble, qui s’est vu confier la gestion du futur Méliès, doit prendre ses responsabilités dans cette affaire, pour sortir de cette crise. 
Hervé Bramy, secrétaire départemental du PCF