mercredi 6 février 2013

L' Humanité.fr


Montreuil

Voynet, le choix de l’écran noir


La maire, Dominique Voynet, s’entête dans sa croisade contre le cinéma montreuillois le Méliès.
Les salariés du Méliès poursuivent le mouvement de grève qu’ils ont entamé il y a presque vingt jours. L’acharnement de Dominique Voynet, maire de la ville depuis 2008, à l’encontre de cette salle municipale classée art et essai ne connaît pas de trêve. On se souvient qu’elle fit montre d’un silence assourdissant quand UGC et MK2 tentaient d’étendre leur empire aux dépens des projets d’extension du Méliès. Comment discerner là l’objet de la détestation qui semble animer Dominique Voynet et motive ses passages à l’acte ?
Trois responsables du Méliès ont ainsi été suspendus sous des accusations de malversations dont la proclamation publique est à ce jour diffamatoire, aucune preuve ne les étayant. Diffamatoires au même titre ses propos incriminant la CGT, dont les « menaces » l’auraient forcée à annuler la projection privée d’un film de Yann Arthus-Bertrand qu’elle souhaitait organiser. Le comité de soutien au Méliès, contraint de se reformer, se heurte sans cesse à l’hostilité de l’édile. Spectateurs donc, réalisateurs à nouveau, CGT territoriale et spectacle, Front de gauche multiplient pétitions et manifestations. La dernière en date, dimanche dernier, offrait de se rassembler autour d’un concert dans un café du quartier. Porte close malgré l’accord préalable du patron des lieux, dont le retournement paraît trop soudain pour ne pas songer à quelques pressions de la part de la mairie. Les participants ont trouvé refuge à la bourse du travail.
Dominique Voynet, élue en raison de son refus de se désister au profit du candidat le mieux placé à gauche, mène depuis une action municipale qui ne fait guère recette. Le 31 janvier dernier, elle exigeait l’expulsion du conseil municipal de grévistes porteurs d’une banderole « Massacre à la tronçonneuse au Méliès ». La police municipale a, sous l’injonction, replié la banderole mais refusé de procéder à l’expulsion. Un dépit privé manifeste qui ne saurait constituer une politique publique.
Dominique Widemann