lundi 10 décembre 2012

Tract de Renc'Art du 10 Décembre 2012

La réaction de RENC’ART


Jeudi 6 décembre, RENC'ART AU MÉLIÈS fêtait ses 10 ans d'existence au studio Berthelot. Au moins 110 personnes ont participé à l'événement.
La municipalité de Montreuil a choisi cette date pour publier un communiqué où elle indique avoir porté plainte contre X pour "détournement de fonds publics" et a suspendu  pour une durée indéterminée trois employés visés par cette plainte, dont Stéphane GOUDET, directeur artistique du cinéma.
L’accès au cinéma et à leurs bureaux a été interdit à ces trois employés. Cette mesure brutale empêche le fonctionnement normal du cinéma et prive notamment les spectateurs des animations qui constituent l’un des attraits principaux du MÉLIÈS.

Non, il n’y a pas eu de détournement de fonds

Pour comprendre cette nouvelle plainte, il faut avoir connaissance du fonctionnement particulier des caisses de cinéma, sous le contrôle du CNC (Centre National du Cinéma).
Les billets, mentionnant le titre du film, la date de la séance et le prix payé, sont édités par un logiciel qui comptabilise le nombre d'entrées encaissées et calcule la part revenant au CNC et au distributeur, le reste allant au MÉLIÈS.
Ce logiciel ne peut être utilisé que pour les films ayant reçu un visa d’exploitation du CNC. Il ne peut imprimer de billets pour la dizaine de séances « non commerciales » (sur 4000 !), dépourvus de visa CNC pour des raisons diverses, notamment les films anciens, les téléfilms ou les films n’ayant pas de distributeur.
Pour ces films, si leur logiciel ne peut accueillir ces séances, les cinémas doivent utiliser une billetterie parallèle connue de tous au MÉLIÈS, élus compris, depuis plus de 15 ans, pour accueillir les spectateurs à ces séances spéciales (festivals, rétrospectives, documentaires non distribués…).
Rien à voir avec une caisse noire ou un détournement de fonds publics !
Au MÉLIÈS, la totalité des fonds ainsi collectés est ensuite reversée dans la billetterie CNC en payant les places offertes lors d'autres projections à certains spectateurs invités. Ces fonds sont ainsi contrôlés par le Trésor Public auquel ils sont reversés.
En évoquant à tort et à travers un détournement de fonds avant même d’avoir mené à son terme une enquête sérieuse, la municipalité porte un tort considérable au personnel injustement accusé, mais aussi au MÉLIÈS et aux spectateurs attachés à la programmation et aux animations produites par son équipe. Et suscite la suspicion…


Un véritable acharnement contre le MÉLIÈS

Depuis un an, la municipalité s'en prend, avec acharnement, au personnel de notre cinéma et à son directeur artistique. C'est la troisième fois cette année qu'elle intervient violemment en incriminant ces responsables et en nous privant du cinéma que nous aimons !
Elle a d'abord (première enquête administrative, janvier à mars 2012) évoqué une « souffrance du personnel au travail », accusation non fondée, démentie par l’équipe et finalement abandonnée, n’ayant entraîné ni sanction ni excuse, mais qui nous a mobilisé pendant 6 mois. Des coups très durs, loin d’être innocents et pas sans conséquences morales, ont atteint l'ensemble de l'équipe du cinéma, qui est restée soudée dans la défense de son travail, reconnu par tous, sauf par la municipalité...
Elle a ensuite, à la rentrée, prétexté un soupçon de « favoritisme » dans l'installation des projecteurs numériques au MÉLIÈS, juste au moment où les travaux allaient débuter. Elle a donc ordonné sans raison la suspension du chantier pour constater ensuite que l’accusation, qui visait encore le directeur artistique, ne tenait pas. En attendant, les spectateurs ont été privés de deux salles de cinéma pendant trois semaines.
La dernière accusation (deuxième enquête administrative en un an) s'ajoute à cette série d’attaques et dévoile à nos yeux l'objectif poursuivi avec un tel acharnement par cette municipalité : saper, coup après coup, le MÉLIÈS que nous défendons.

Tenons-nous prêts à agir !

L’avenir dépendra de notre capacité, de votre capacité, à répondre avec suffisamment d'énergie à ces attaques.
La force de RENC’ART est son indépendance et son pluralisme. Nous sommes unis autour d’un seul objectif : défendre le MÉLIÈS et assurer son rayonnement.
Cette force nous a permis en 2008, quand le MÉLIÈS était accusé d’ « abus de position dominante et de concurrence déloyale », de faire échec aux tentatives d’UGC et de MK2 visant à empêcher la construction du nouveau cinéma.
Cette force nous a permis, en 2012, de limiter l’impact des deux premières attaques contre le MÉLIÈS. Nous sommes décidés à la mobiliser, le temps qu’il faudra, pour que justice soit rendue au personnel et pour que le projet du MÉLIÈS que nous portons avec lui devienne une réalité dès 2013.
En défendant le personnel, nous manifestons notre solidarité envers une équipe injustement accusée. Mais c’est aussi la meilleure manière de défendre le projet qui a justifié la création de RENC’ART, parce que nous savons qu’à travers les attaques contre l’équipe du cinéma c’est en fait le projet qui est visé tout entier.
En attendant, RENC’ART va poursuivre ses démarches. Nous vous invitons à participer nombreux aux prochaines soirées et débats pour soutenir notre action. Nous ne manquerons pas de faire appel à vous si la ville ne réintègre pas les personnes concernées, garantes du maintien de l’exigence et de l’esprit d’ouverture de notre cinéma municipal.                                                           
                                                                                            Le CA de RENC'ART AU MÉLIÈS
                                                                                            10 décembre 2012

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Prochains rendez-vous au cinéma :

vendredi 14 décembre, 21h,
rencontre avec Michel LECLERC autour de Télé gaucho,

mardi 18 décembre, 20h 30, [10ème anniversaire de l'association]
avant-première de Aujourd'hui, suivie d'une rencontre avec Alain GOMIS