lundi 21 janvier 2013

signer la pétition en ligne



L'Arbre qui cache la forêt


On cherche à  abattre
un homme
une équipe
un projet


Pour la troisième fois en un an, le cinéma municipal le Méliès
(pour les adhérents - celui que nous avons décidé de soutenir au travers de l'association Renc'Art au Méliès)
est mis en péril.

Jeudi 6 décembre, comme vous le savez, Renc'Art au Méliès fêtait ses 10 ans d'existence au studio Berthelot. Au moins 110 personnes ont participé à l'événement. Quelques heures plus tôt, la municipalité de Montreuil a publié un communiqué où elle indiquait avoir porté plainte contre X pour "détournement de fonds" ; Stéphane Goudet, directeur artistique, et deux autres agents de l'équipe étaient suspendus de leurs fonctions, le temps de l'enquête (en semaines ? en mois ? en années ?...) et interrogés sans ménagement par l'administration interne.
Cette nouvelle atterrante a fortement perturbé le sens de notre fête. 
Depuis 1 an aujourd'hui, sans dételer, la municipalité s'en prend avec un acharnement qui devient de lui-même suspect, au personnel de notre cinéma.

On attaque un homme, une équipe, un projet. 

un homme

Souvenons nous, en mai dernier, en plein festival de Cannes, la Ville fait paraître une annonce 
concernant le recrutement d'un directeur pour son cinéma municipal.
Ceci après avoir diligenté une enquête administrative touchant le directeur  Stéphane Goudet,
à la suite d'une plainte d'un agent du cinéma sur son management.
Soutenu par 14 agents de l'équipe (sur 15), après une âpre bataille de notre association,
des spectateurs et de professionnels du cinéma, la municipalité a finalement proposé de mettre en place une direction
bicéphale :
un directeur administratif
un directeur artistique 
sans lien hiérarchique entre les deux, c'était une sortie de la crise par le haut et nous avons eu confiance. 


une équipe

aujourd'hui, c'est une partie de cette équipe qui est attaquée
sans doute trop solidaires les uns des autres,
il faut salir, diviser, éclater
les termes sont savamment choisis
détournement de fonds publics, caisse noire

Qu'en est-il en vérité ? 
Comme de nombreux exploitants, la diffusion de films dits non commerciaux
(documentaires, films de collectionneurs, soirées organisées par des associations, festivals, 
œuvres n'ayant pas reçu de visa d'exploitation par le CNC)
nécessite une comptabilité spécifique.
Que dit le Centre National du Cinéma (http://www.cnc.fr/web/fr/descriptif-complet6)
On entend par séance non-commerciale une séance, gratuite ou payante
qui échappe aux dispositions du contrôle des recettes, à savoir qu'elle ne donne
pas lieu à l'utilisation d'une billetterie agrée par le CNC, à l'émission et la transmission de
bordereaux et donc à la perception et à l'acquittement de la taxe sur les entrées.
Ces séances restent exceptionnelles, la programmation régulière d'œuvres cinématographiques relevant du
travail d'une salle de cinéma autorisée.

Voilà en vérité ce qu'appelle la municipalité caisse noire, détournement de fonds.
Ces quelques mots suffisent à faire fantasmer tout le monde, surtout dans la situation de crise que
chacun peut vivre, et nous savons tous comment les médias sont friands de ce genre de terme.
La billetterie "spéciale" existe depuis des lustres, et comment nous faire croire, qu'au travers des
différents régisseurs, et directeurs à la culture ayant travaillé pour la ville, on découvre tout d'un coup cette
pratique.

Nous devrions tous être concentrés sur la réussite du nouveau Méliès au lieu de cela, c'est la haine et le soupçon qui circulent. Pourquoi? 

un projet

En s'attaquant à un homme et à une équipe, n'est ce pas le projet qui est visé? 

Nous le craignons… sinon pourquoi un tel acharnement? 

"une programmation élitiste, je n'ose pas dire bobos montreuillois"
C'était les propos de Dominique Voynet dans l'enquête pour Le monde juin 2012 

Equiper ce nouvel espace d'un véritable accueil, d'une salle d'exposition, d'équipements qui aident à comprendre et aimer le cinéma,
est-ce trop demander dans une ville de plus de 100 000 habitants ? 
Créer un cinéma innovant, ouvert sur la ville et sa diversité, montrer plus de films, les accueillir sur une plus longue durée, offrir aux montreuillois plus des débats, inscrire le cinéma dans un accèslarge des écoliers et lycéens à la culture,  est-ce élitiste ?
Si c'est cela être élitiste, alors nous le sommes, élitistes mais pour tous, le meilleur du cinéma pour tous, c'est cela le projet du Nouveau Méliés. C'est cela notre projet. 
Oui nous voulons le meilleur du cinéma pour tous. 
Les montreuillois possèdent une concentration élevée de fraternité, on ne la détruira pas si facilement en orchestrant un feuilleton à sensation. 
Un film ne peut pas exister dans un rapport administratif,
c'est un récit de chair et de sang qui nous laisse entrevoir la matière de notre réel
Oui nous voulons que les enfants de cette ville puissent continuer à rêver, et inventer
au travers d'une programmation spécifique
Oui, nous continuerons à nous battre pour faire exister ce projet que nous défendrons
pied à pied. 
Les semaines à venir vont être pénibles, d'abord pour le personnel du cinéma, miné par les accusations répétées et un climat de maltraitance indigne de notre ville, pour les spectateurs que nous sommes: comment aller sereinement voir un film sous l'œil de vigiles censés empêcher les suspendus de s'approcher du Méliès ? Pour le cinéma municipal d'Art & Essai, enfin, dont l'avenir n'est pas assuré…

Nous vous tenons au courant des prochains épisodes de cette triste affaire et comptons sur votre réactivité.