jeudi 13 décembre 2012

Au Méliès en crise, c'est parole contre parole


Actualité > 

Montreuil

Au Méliès en crise, c'est parole contre parole

Publié le 13.12.2012
Agrandir le texte Diminuer le texte Imprimer l'article Tout leParisien.fr sur votre mobile
Pour les 10 ans de sa municipalisation, le cinéma de Montreuil le Méliès aurait pu rêver meilleure publicité. Il y a une semaine, la maire (EELV), Dominique Voynet, faisait savoir via un communiqué qu'elle portait plainte contre X pour détournement de fonds publics au cinéma, évoquant « une caisse noire » alimentée par un système de « double billetterie ». Depuis, une enquête préliminaire a débuté. 
Le Trésor public auditionne les comptes du cinéma. Trois agents ont été suspendus à titre conservatoire, le temps d'une enquête administrative en cours.

« Amère vengeance », répondent les agents du Méliès, dont le directeur artistique s'était déjà retrouvé au cœur d'une longue crise avec la municipalité avant l'été. Dans un tract de la section CGT du cinéma, ils qualifient l'emploi du terme « caisse noire » de diffamatoire et expliquent que « le système de double billetterie dénoncé n'est que la gestion des séances dites non commerciales, connue de l'administration, des élus ». Et d'assurer enfin que ces séances spéciales, « organisées en toute transparence », ont généré des recettes « intégralement reversées dans le budget du service ».

Au cabinet de la maire, on martèle qu'« il est avéré que l'argent de cette deuxième caisse n'est jamais rentré dans la comptabilité municipale : sinon il n'y aurait pas de sujet ». La ville explique que 1800 € en liquide (NDLR : et non 18000 € comme écrit par erreur) ont été retrouvés dans des armoires, donc en dehors de la caisse du cinéma, correspondant à la vente de billets en octobre. Mardi, le syndicat FSU de la ville a soutenu la démarche judiciaire de la municipalité, évoquant un « préjudice » porté « au service public local ».

Mais les soutiens à l'équipe du Méliès se sont multipliés ces derniers jours. Tous les groupes d'opposition du conseil municipal ont dénoncé la méthode employée par la maire consistant à « jeter en pâture des agents sans attendre la procédure judiciaire », pour citer les élus communistes et Fase. La même expression est reprise par le député PS Razzy Hammadi pour qui « seuls la justice et le droit permettront d'établir ou non la réalité des faits ». Quant à l'association des spectateurs Renc'art au Méliès, elle devrait s'exprimer publiquement dans les prochains jours. Son ancien président Jean-Louis Le Gall, très remonté, dénonce « une volonté de nuire, voire de détruire, liée à l'inauguration fin 2013 du nouveau Méliès (NDLR : qui passera de 3 à 6 salles) » : « La municipalité en est à sa troisième tentative pour dessouder Stéphane Goudet (NDLR : le directeur artistique). C'est de l'acharnement. »
 
Le Parisien